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Cap Excellence, une volonté de faire émerger l'entrepreneuriat dans les quartiers prioritaires

 

 

C’est en 2012 qu’Olivier Montout lançait son entreprise. Il n’avait alors que 29 ans et sortait d’une période de salariat dans le domaine de la communication et de l’infographie. Et c’est riche de ces expériences et par sa force de persuasion, son envie, son audace que le jeune homme s’est lancée dans cette aventure entrepreneuriale. Sans doute, sera-t-elle un succès cette agence de photographie en conseil et de réalisation. « Je n’ai pas attendu sur les aides pour créer mon entreprise, admet Olivier. Avec ou sans, je savais que je devais me lancer. Je pars du principe que quand on veut réellement entreprendre, on se donne les moyens de ses ambitions. (…) Je suis quelqu’un d’ambitieux, j’aime les challenges, me sentir libre et utile, de plus ma structure m’apporte une certaine satisfaction personnelle, d’accomplissement ». Originaire de la ville de Sainte-Rose, c’est aux Abymes que le chef d’entreprise a décidé d’implanter sa structure, Wistid, au lieu-dit du Morne-Vergain. « C’était une évidence pour moi de m’y implanter, car la zone bénéficie d’un taux d’attractivité et de passage très important. Et puis le territoire est très dynamique ». Les tempéraments de cette trempe ne sont pas rares, et cela, même si les réformes successives du statut de l’autoentrepreneur ont freiné des vocations, créer son entreprise est toujours une aventure qui attire bon nombre de Français. Une envie qui est au plus haut depuis les quinze dernières années et représente un vivier de 19 millions d’entrepreneurs, selon une enquête de l’Union des autoentrepreneurs (UAE). Et du rêve à la réalité, de l’idée au passage à l’acte, il n’y a qu’un pas : 3 millions d’entre eux envisagent de mettre leur projet à exécution dans les deux ans. Et face à un chômage de plus en plus prolifique, quand s’enchaînent aux mieux intérims, emplois précaires et formations, la question de la création d’entreprise semble une solution grandissante. On y voit dès lors une nouvelle rationalité en temps de crise. Et tout comme Olivier, Catherine Delor, gérante de la boutique de créateurs San Mélé, située à Pointe-à-Pitre et Jacques Saban gérant d’une société de nettoyage auto, Doublement Propre, basé à Baie-Mahault, ont décidé, eux aussi, de franchir le pas, en créant leur propre structure. Aujourd’hui, réussir ne se résume plus à décrocher un poste de cadre ou de haut fonctionnaire. Dans les quartiers, le mimétisme joue et les mentalités changent. Ces jeunes entrepreneurs fournissent d’autres modèles, et créent leur entreprise pour le goût de l’autonomie, se faire une place ou vivre de leur passion. Toutefois, Olivier Montout affirme que malgré les difficultés du quotidien, son action d’entreprendre lui a permis de s’éloigner de cette crise qui touche un grand nombre. Cependant, il regrette le manque d’accompagnement et la complexité des aides. Car si les dispositifs foisonnent pour aider les entrepreneurs, l’accompagnement sur notre territoire laisse à désirer, et cela, encore plus dans les quartiers dits prioritaires de la politique de la ville. En effet, outre le fait d’être des chefs d’entreprise Olivier, Catherine et Jacques, ont tous les trois implantée leur structure dans des quartiers prioritaires de la zone Cap Excellence.  

 

Cap excellence au plus près de l’entrepreneuriat. En Guadeloupe, depuis quelques années, la culture entrepreneuriale s’est invitée au centre des préoccupations économiques et politiques. Alors que près d’une entreprise sur deux est créée par une personne au chômage ou à la recherche d’un emploi, la création d’entreprise est aujourd’hui perçue comme un facteur primordial de croissance et de compétitivité de l’économie. Un engagement des plus importants, que certains décideurs politiques et certaines institutions majeures ont compris, en tête desquels Cap Excellence qui se veut exemplaire et innovant en la matière. Et dans un paysage entrepreneurial guadeloupéen contrasté, la communauté d’agglomération a décidé de faire de l’accompagnement entrepreneurial son cheval de bataille. Un engagement qui s’inscrit dans le cadre de sa politique de développement économique, car si l’entrepreneur est l’auteur et l’acteur principal de son projet, il ne peut envisager de réaliser seul son parcours. Et c’est conscient de l’importance d’augmenter la création et la pérennisation des entreprises, que Cap Excellence mène, depuis quelques années, diverses actions pour accompagner ce public, par la mise en place d’ateliers et de rencontres abordant de multiples thématiques et problématiques liées à l’entrepreneuriat. Et voilà que depuis deux ans, l’administration, en partenariat avec la Caisse des Dépôts et Consignations, la Boutique de gestion et l’État, s’est dotée du dispositif « CitésLab ». Une volonté qui s’inscrit dans le cadre du SDDE et de son PASEC, en l’action n°25 : « Contribuer aux réseaux des accompagnants d’entreprises ». Derrière cette énième appellation, CitésLab, se cache en fait un objectif très concret : encourager la création d’entreprises dans les quartiers prioritaires de la Politique de la Ville. Il se traduit par des actions d’accompagnement au cours des premières étapes précédant la création d’entreprise. Porté par la Caisse des dépôts, le dispositif national CitésLab introduit par la volonté du président de Cap Excellence, Éric Jalton, est une première en Guadeloupe. Ce nouvel outil au service des futurs entrepreneurs et repreneurs des quartiers prioritaires de Boissard, Morne Flory, Vieux-Bourg, Les lauriers, Grand-Camp, Cour Charneau, Raizet, Mortenol, Chemin Neuf, Carénage et Darboussier, est piloté par un chef de projet, Cindy Carène, chargée de déceler les porteurs de projets et de les accompagner. Mais à qui s’adresse ce dispositif ? « À ceux qui ont une idée de création d’entreprises et qui ont besoin d’être accompagnés, des chômeurs de longue durée, des bénéficiaires de minima sociaux. » Les jeunes en priorité, mais aussi les moins jeunes. Les femmes également. « On remarque souvent qu’elles ont des projets sérieux, mais qu’elles manquent parfois de confiance pour se lancer », pointe Cindy Carène. « CitésLab vise à faire tomber les barrières. (…) C’est pour nous une opportunité unique de développer un service d’accompagnement sur-mesure afin de donner à chacun les mêmes chances d’entreprendre », insiste-t-elle.

« Avec le dispositif CitésLab, Cap Excellence ouvre aux habitants des zones prioritaires le champ des possibles, en faisant de l’entrepreneuriat une solution d’insertion professionnelle à portée de main.»

Sensibiliser et amorcer, ensemble, le projet de l’habitant. « Dans les quartiers prioritaires, le potentiel entrepreneurial existe bel et bien, mais n’est pas valorisé. Pour stimuler ce potentiel, Cap Excellence par le dispositif CitéLab veut adopter une posture différente de ce qui existe déjà, en étant présent directement sur le terrain, au sein même des quartiers prioritaires », estime Cindy Carène. Cette dimension de proximité se matérialise d’abord par une présence quasi-systématique à tout événement organisé dans les zones visées, et ce, pour rencontrer les habitants, discuter avec la population en vue de les informer qu’une personne est potentiellement disponible pour les accompagner dans leur projet. Une fois, l’étape de sensibilisation accomplie démarre celle de l’amorçage du projet, nous explique Cindy: « Après la phase de la sensibilisation, se crée, le plus souvent, une certaine émulation, laquelle aboutit sur des entretiens menés au sein de nos locaux. (…) Nous adoptons un mode de fonctionnement très libre dans la forme, même si, nécessairement, dans le fond cela reste rigide ». Ces rendez-vous ont pour objectif de préparer et de valider le projet. « Nous réalisons un premier travail avec eux en amont, sur leur projet, sa faisabilité, sur toutes les étapes nécessaires et les critères à étudier avant de lancer son activité. Cela passe d’abord par une étape de réflexion sur l’idée et de verbalisation de cette dernière ». Ensuite, viennent les étapes plus complexes : étude de marché, budget prévisionnel… «Il s’agit d’établir un lien de confiance », souligne le chef de projet. « C’est du cousu main. Au cas par cas ». Et l’objectif n’est pas systématiquement d’aboutir à une création d’entreprise. « Ces rencontres vont aussi, pour certaines personnes, permettre d’identifier des besoins en formation. L’idée est d’abord de se réinsérer, se stabiliser », note-t-elle. Mais Cindy Carène prend toutes ses précautions et prévient également les personnes désireuses de créer leur entreprise sur les risques que cela comporte et peut engendrer. 

Et elle ne termine jamais un entretien sans stipuler l'importance d'être accompagné, mais aussi d'être suivi une fois lancé. Ce dispositif, en plus des rendez-vous individualisés et du suivi de votre parcours, c’est aussi: des ateliers à thèmes, des rencontres avec des créateurs d’entreprises, des partages d’expérience… Par ailleurs, CitésLab s’appuie également sur un large réseau partenarial permettant un travail en toute synergie avec bon nombre de structures : Banques, bailleurs, collectivités, afin d’accompagner au mieux les porteurs de projets. CitésLab entend ainsi promouvoir l’entrepreneuriat comme source d’insertion professionnelle. Pourquoi attendre de trouver un emploi, parfois longtemps, lorsque l’on peut soi-même se le créer. C’est en se fondant sur ce principe simple que cette structure entend permettre à chacun de provoquer une opportunité professionnelle. Mais pas seulement. En effet, pour CitésLab, cet accompagnement ne permettra pas à tous de concrétiser un parcours par la création d’une activité, mais du moins permettra à l’ensemble des participants de se remobiliser dans leur parcours d’insertion : « Au-delà du fait que CitésLab propose un accompagnement en faveur de la création d’entreprise, l’objectif premier reste à dynamiser la personne dans son parcours professionnel ». La création d’activité, l’auto-entrepreneuriat, est en fait, pour CitésLab, un moyen de permettre ce que l’on appelle dans le jargon social : une « sortie positive » et n’est ainsi pas une finalité obligatoire. « Nous souhaitons faire en sorte qu’une personne puisse se mobiliser sur un projet et puisse utiliser cette motivation, cette énergie pour la canaliser et la mettre à profit dans son parcours professionnel. S’il y a un retour à l’emploi, que ce soit en tant qu’auto entrepreneur, en contrat classique ou en contrat aidé, cela reste une sortie positive. Le but étant de remettre une personne en selle, de la réinscrire dans une dynamique active », conclut Cindy Carène. Avec le dispositif CitésLab, Cap Excellence ouvre aux habitants des zones prioritaires le champ des possibles, en faisant de l’entrepreneuriat une solution d’insertion professionnelle à portée de main. Créer une activité peut paraître pour certains une formalité, mais avec CitésLab, cela devient un véritable pari d’avenir pour un grand nombre de personnes éloignées de l’emploi. Ainsi, ce sont, en moyenne, entre 20 et 40 projets qui sont portés par an, si bien que l’entrepreneuriat individuel semble, par ce biais, un levier concret pour parer à l’inactivité ou offrir de premières opportunités.

 

 

Pour plus d’informations sur le dispositif contactez Cindy Carène 

Tél. 0590 831 604 - M. cindy.carene@citeslab.fr

N°a08 Bât A Res Les Lauriers 97110 Pointe-à-Pitre

 

 

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