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Le prêt bancaire, mettre toutes les chances de son côté

 

Financer la création ou la reprise d’une entreprise passe généralement par un prêt bancaire. Une formalité pensez-vous ? Pas si sûr. Le contexte économique incertain et les contraintes auxquelles doivent faire face les banques, notamment en matière de réglementation, pèsent sur le financement des entreprises. Si l’encours des crédits aux PME est relativement stable, l’accès au crédit les créateurs et repreneurs d’entreprises est, en revanche, plus difficile. En effet, selon une étude récente, menée par TMO Région pour l’APCE et EBP en 2015, sur le financement de la création d’entreprise, seuls 56 % des créateurs qui ont pris contact avec une ou plusieurs banques pour financer leurs besoins initiaux ont reçu des réponses positives à leur demande de prêt. Oui, un financement bancaire se mérite. D’autre part, plus de la moitié des personnes interrogées déclarent avoir eu besoin de plus de 16.000 € pour démarrer leur activité. En détaillant ces chiffres, on observe que 21 % des créateurs ont eu besoin de réunir entre 16.000 € et 39.999 €, 14% ont indiqué une somme comprise entre 40.000 et 79.999 €, et 16 % ont estimé leurs besoins à plus de 80.000 €. Par ailleurs, selon l’INSEE, seule 2 entreprises sur 3 survivent aux trois premières années d’activités. Elles ne sont plus qu’une sur deux au bout de 5 ans. Bref, créer une entreprise est risqué et coûte de l’argent. Et si vouloir d’un crédit professionnel pour lancer son projet est une chose, l’obtenir en est une autre. Voici quatre éléments importants pour mettre toutes les chances de votre côté et séduire les banques.

 

 

Un cv cohérent. Les banques sont particulièrement attentives à la formation et à l’expérience professionnelle du porteur de projet. Si votre curriculum vitae ne révèle pas les aptitudes techniques et professionnelles nécessaires à la conduite de votre projet, l’obtention des financements risques d’être compromise. Un projet crédible et rentable. Les banques disposent de nombreux indicateurs qui leur permettent de juger la pertinence du projet qui leur est présentée. Le niveau de chiffre d’affaires, la rentabilité, la trésorerie de démarrage… Tout est passé au crible. Le prévisionnel financier doit être réalisé avec pragmatisme, et mettre en valeur des chiffres crédibles. Un dossier « carré et bétonné ». Rédiger et constituer un dossier complet fait partie des prérequis pour séduire les banques. Ces écrits ont vocation à détailler le projet dans son ensemble, et à justifier de sa faisabilité. En outre, il doit comporter tous les documents justificatifs nécessaires à la banque pour son étude. Pas d’apport, pas d’accord. La banque n’a pas vocation à financer l’intégralité d’un projet de création d’entreprise et à supporter le risque qu’il revêt. Il est attendu de l’entrepreneur une réelle implication financière dans son projet. Au-delà du signal fort envoyé, il est préférable pour la nouvelle entreprise de disposer d’une relative indépendance financière, salutaire pour son développement. La bonne proportion. Il ne semble pas exister, à ce jour, de règle établie qui permettrait de déterminer le niveau d’apport personnel. Toutefois, selon les observateurs, la proportion de l’apport personnel oscillerait entre 30 % et 50 % pour le financement de création d’entreprise. L’apport personnel étant généralement destiné à financer les frais d’établissements, les honoraires, le stock, le besoin de fonds de roulement. Dans le cas d’une reprise, les informations comptables de l’entreprise-cible, qui dispose d’une antériorité, seront des atouts pour déterminer la bonne proportion d’apport personnel. 

 

 

Enfin, négocier un financement bancaire pour la création d’une entreprise ne se pilote pas de la même façon que pour une entreprise déjà en activité. Dans les deux cas, la recherche de financements professionnels demeure une étape longue et décisive. Avec la crise, les banquiers sont devenus ultras précautionneux. Ils exigent de manière quasi-systématique une garantie. Ces fameuses garanties varient en fonction de la nature de l’actif financé. Si le nantissement s’applique sur les biens incorporels (le fonds de commerce par exemple) et l’hypothèque sur les biens immobiliers, le créateur doit souvent fournir en plus une caution personnelle. Il peut alors se tourner vers des organismes comme BPI France, SIAGI, France active garantie… Ceux-ci peuvent garantir jusqu’à 70 % du montant emprunté, pour un coût de 1 à 2 % du montant garantit. En cas de refus des banques, le projet peut s’arrêter subitement. Mais ce dernier ne doit pas être considéré comme un élément négatif mais comme une phase de réflexion supplémentaire permettant de procéder aux ajustements qui s’imposent. Normalement, le refus d’une banque doit être motivé et argumenté. Le créateur peut à ce moment demander une attestation de refus de prêt notamment dans le cas d’une opération conditionnée à l’obtention d’un prêt (achat immobilier par exemple). D’autre part, en cas de refus, l’entrepreneur peut saisir la Médiation du crédit aux entreprises. Créé en 2008, cet organisme public défend gratuitement les intérêts des chefs d’entreprise et négocie des accords avec les banques. Pour saisir un médiateur, l’entreprise doit remplir un dossier directement sur le site mediateurducredit.fr. En cas d’accord, rien ne garantit que le financement obtenu est celui qui remplit les meilleures conditions. Et pour pallier un éventuel manque, des organismes sont amenés à intervenir en complément du financement bancaire au travers de prêts d’honneur. Généralement plafonnés et dimensionnés selon le projet, ils offrent notamment l’avantage de réduire le recours à l’emprunt bancaire, dans des conditions financières avantageuses (taux réduit, différé de remboursement…). Toutefois, comme leur nom le laisse entendre, il s’agit de prêts remboursables. Par conséquent, ils ne substituent pas, à proprement parler, à l’apport personnel nécessaire au financement du projet dans son ensemble. Aussi, la proportion d’apport personnel attendue par les banques est généralement plus importante dans le cas d’une création d’entreprise que celui d’une reprise d’entreprise. Attention ! Un fort apport personnel ne garantit pas pour autant l’obtention d’un financement professionnel. Il est recommandé de comparer les différentes offres des banques car les modalités (taux d'intérêt (TEG), durée du remboursement, cautionnement, etc.) peuvent varier d'une banque à une autre. La mise en concurrence des agences permet de négocier de meilleures conditions ou des clauses moins restrictives mais surtout d'éviter les déconvenues lors d'un rejet de financement. Les taux d’intérêt pratiqués sur les emprunts varient entre 2 et 4 % selon les montants, l’expérience du porteur de projet, l’activité de l’entreprise et la nature des investissements. Le taux n’est toutefois pas la seule variable à négocier. Le coût de l’emprunt sera aussi en fonction de la durée du prêt (souvent égal à celle de l’amortissement des biens financés), du coût de la garantie ou de celui de l’assurance. Sur ce dernier point, la banque propose en général de souscrire une assurance de groupe. Son prix est peu ou prou le même pour tous les assurés d’une même banque, mais si vous avez un bon profil, aucun problème de santé et êtes âgés de moins de 45 ans, une délégation d’assurance (qui vous donne la possibilité de vous assurer ailleurs que dans l’établissement prêteur) vous sera sans doute plus favorable.  Se faire accompagner dans cette démarche est donc essentielle. 

 

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