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Dr Henry Joseph, le visionnaire (extrait)

 

Dr HENRY JOSEPH... ‘‘Beaucoup de gens me disent pourquoi tu ne fais pas dans la politique ? Je leur réponds, prenez un dictionnaire, vous aurez la réponse. Or, le mot politique vient du grec «  polis »  qui signifie « cité  » et «  ikos  » suffixe qui signifie « propre à cette chose ». Ce mot politique, d'après son étymologie, signifie « qui concerne le citoyen ». Alors estimez-vous que : «  ce que je fais ne concerne pas le citoyen guadeloupéen  »? Si cela concerne le citoyen, laissez-moi faire au moins la définition de ce mot, cela me convient parfaitement’’. On ne le présente plus, mais tout y est dit...

 

 

 

 

 

 

"Déjà, je suis entré très tard à l’école primaire de Trois-Rivières, à l’âge de sept ans où je ne savais ni lire ni écrire. Je me rappelle très bien de mon premier jour d’école, car jusqu’à sept ans, je n’avais jamais été enfermé dans une pièce pour apprendre, car ma petite enfance, tout était ouvert, c’était l’école de la nature."

 

 

SON ENFANCE. Enfant, j’ai grandi à Gros Morne Dolé au cœur de la forêt de Gourbeyre, dont je ne pouvais rester insensible. Je suis né d’un père très âgé secrétaire de mairie dans sa vie active qui deviendra agriculteur à sa retraite et ma mère très jeune est horticultrice et amoureuse des plantes, donc tous deux totalement ancrés dans la terre. Ma mère Raymonde, cette passionnée des plantes, m’a inculqué le don de l’émerveillement depuis ma tendre enfance et aujourd’hui, toujours vivante avec ses 83 ans, elle n’a pas changé et elle a toujours et encore de très grands projets de collections de plantes : anthurium, hibiscus ou d’Adenium, arbres fruitiers, etc. Elle invente elle-même ses propres hybrides qu’elle est fière de montrer. Mon père René, son seul souci, était de produire tout localement pour ne jamais manquer et pour cela, il fallait faire des économies et gérer le peu d’argent qu’on avait, et cela, avec une mère par contre très dépensière, mais attention, pour acheter que des choses utiles pour la maison. 

     Papa nous fera découvrir le bienfait des fruits et légumes locaux dès bébé. Et malgré son âge avancé, il montait dans les arbres pour cueillir des fruits ou les élaguer. Il cultivait tout seul son jardin créole d’un hectare et demi : café, cacao et toutes sortes de fruits : mangues, mandarines, oranges, malacas, letchis, tomadoses, châtaignes, des christophines, des pois, fruit à pain, des légumes racines : madères, malangas, ignames, patates douces, topinambours. Il descendait en ville à Basse-Terre le samedi que pour acheter « la chair » : du poisson et de la morue pour la semaine et les pattes à bœuf et le bouquet pour la soupe du samedi et la viande de bœuf ou de cochon pour le plat du dimanche. Nous faisions aussi de l’élevage de poules pour les œufs et de cochons pour Noël. (...)Son leitmotiv : s’autosuffire, manger, boire, travail et que le travail, le respect de l’autre, et toujours se responsabiliser, tous ces mots étaient son seul guide de vie et veillait à ce que ses enfants les appliquent.

 

 

 

 

 

 

TOUTE UNE QUESTION D'APPRENTISSAGE. Le choix de mes études a été un peu complexe et atypique. Primaire, collège et lycée, cela a été très dur, j’étais un élève très passable, je ne comprenais pas grand-chose de ce que m’apprenaient mes enseignants, ils manquaient de pédagogie. Déjà, je suis entré très tard à l’école primaire de Trois-Rivières, à l’âge de sept ans où je ne savais ni lire ni écrire. Je me rappelle très bien de mon premier jour d’école, car jusqu’à sept ans, je n’avais jamais été enfermé dans une pièce pour apprendre, car ma petite enfance, tout était ouvert, c’était l’école de la nature. Et mon premier jour d’école, mon maître d’école, vu mon âge avancé, il voulait me faire sauter une classe, et me demande de lire mon nom, je m’appelais Henry Abram, car mes parents n’étaient pas encore mariés. Et là, silence radio, je connaissais mon nom, mais je ne savais ni le lire, ni l’écrire. Et là, il me dit « Tu resteras au cours préparatoire pour apprendre à lire »  […] « Je ne peux pas te mettre au CE1 ». J’avais très peur de ce maître, j’étais au fond de la classe, je le craignais tant que je  pleurais tout le temps et ne faisait rien pour me rassurer, au contraire, il avait un grand bâton d’au moins de 3 mètres et me «Tchokè » avec, d’où ma très grande peur. Puis j’ai redoublé au moins trois classes : CE2, CM2 et Terminale. J’ai même fait une seconde A, littéraire ; et j’ai supplié mon professeur de physique pour faire première D scientifique et là, il a marqué sur mon carnet « vous êtes admis en première D à vos risques et périls ». J’aurai tout de même mon bac avec la mention passable. 

 

 

"Ma plus grande fierté, ce sont ces personnes invisibles de mon île, si nombreuses et si silencieuses composées d’enfants et d’adultes qui croisent mon chemin et m’arrêtent pour me serrer la main sans que personne ne voit et pour me dire un seul mot : «  Merci  pour votre travail »"

 

 

SON ŒUVRE ENTREPRENEURIALE. PHYTOBÔKAZ. Grâce à la vente de la pharmacie et fort de ce capital et avec des fonds européens du Feader, je vais créer la société Phytobokaz. Notre entreprise PHYTOBÔKAZ [PHYT, plantes et OBÔKAZ signifiant « autour de la maison »] est née en 2005, de l’association entre mon ancien professeur, Paul Bourgeois, chimiste à la retraite et moi. Le laboratoire Phytobôkaz fabrique des compléments alimentaires et des phytocosmétiques. Les matières premières naturelles nécessaires aux besoins de l’entreprise sont puisées au cœur de la biodiversité de la Guadeloupe. La conception de nos produits suit un itinéraire technique précis de la plante au produit fini, que nous avons dû mettre en place pour assurer un développement harmonieux de la faune, de la flore et de l’Homme avec notre unité de production, ceci autour du nouveau concept celui de « l’économie symbiotique». Il s’agit d’un concept innovant d’agroécologie, d’agroforesterie et d’agro-transformation liant le développement de notre laboratoire et le maintien de la biodiversité de façon concomitante. Le projet était de produire des plantes oléagineuses (galbas, cocotiers, calebassiers, avocatiers) en comprenant le fonctionnement de chacune de ces espèces, les interconnexions trophique faune/flore et les adaptations humaines à effectuer, afin d’optimiser le développement de notre entreprise tout en préservant la biodiversité. Conscient qu’au cours de ces prochaines années, les ressources carbonées de la chimie française seront de plus en plus végétales. 80 % de la biodiversité de la France se trouve en Outre-Mer, pourtant il n’y a pratiquement pas d’exemples de valorisation au niveau industriel de cette richesse en harmonie avec la nature sur ces mêmes territoires. Dès 2005, Phytobôkaz a été une entreprise pionnière afin de répondre aux exigences de la transition énergétique et écologique. Notre démarche a consisté à imiter le fonctionnement de la forêt tropicale pour concevoir un ensemble agro-écologique durable et utile.

 

 

 

 

 

 

"Il est scandaleux et inconcevable qu’avec 3.800 usines de vies que nous ayons 53 % de chômages chez nos jeunes. Je pense sincèrement que la prise de conscience de ces petits riens fera le bonheur que nous cherchons en vain. Je pense qu’au lieu de pleurer toute la journée à la recherche des aides de l’État qui deviendront plus rares, nous devrions plutôt ouvrir nos yeux sur nos propres richesses, pas sur celles des autres que nous enrichissons sans cesse, car eux, ils travaillent."

 

 

 

 

 

"Il est scandaleux et inconcevable qu’avec 3.800 usines de vies que nous ayons 53 % de chômages chez nos jeunes. Je pense sincèrement que la prise de conscience de ces petits riens fera le bonheur que nous cherchons en vain. Je pense qu’au lieu de pleurer toute la journée à la recherche des aides de l’État qui deviendront plus rares, nous devrions plutôt ouvrir nos yeux sur nos propres richesses, pas sur celles des autres que nous enrichissons sans cesse, car eux, ils travaillent. Ce qui est triste, c’est qu’on achète beaucoup de choses dont on n’a pas besoin qu’on jette et qui polluent, surtout des choses achetées avec un argent que l’on n’a pas, au lieu de créer de plus belles choses durables à partir de nos propres matières. Nous devons maintenant travailler plus, chacun individuellement, pour donner l’exemple à nos enfants et les retenir sur l’île, au lieu de dire et de répéter sans cesse, que nous sommes une population vieillissante, car on oublie que ce sont les jeunes qui font des enfants et pas les vieux. Nous ne sommes pas une population vieillissante nous sommes plutôt une population passive, celle qui fait fuir leurs propres enfants par sa passivité et ses parlottes inutiles. Malheureusement nos enfants qui ne reviennent plus où vont où ils ? À la rencontre, tout simplement, de ceux qui travaillent et qui créent. Alors la Guadeloupe doit se réinventer, l’heure est venue pour retenir le peu de jeunes qui restent encore, non pas pour qu’ils continuent en bandes rivales à s’entretuer en s’inspirant d’un monde virtuel, mais en les passionnant dès leur jeune âge par ce qui les entoure, en les initiant, par la créativité inventive et productive. Pour cela nous devrions plus que jamais aller chercher au plus profond de nous-mêmes ce que nous avons d’original et de spécifiques dans nos sources d’inspirations, celles de nos traditions, celles que nous ont laissées nos grands-parents et que nous ne trouverons nulle part ailleurs que dans notre environnement et dans notre biodiversité. C’est selon moi le seul moyen pour arriver à une souveraineté interne et endogène tant souhaitée par tous. L’heure est venue pour que nous prenions notre destin et celui de nos enfants en main. "

 

 

 

 

 

Venez découvrir la suite de l'aventure entrepreneuriale du Dr Henry Joseph, les 7 & 8 dec. 2018 à l'Hôtel Arawak Beach Resort. 

L'INCUBATEUR WORKSHOP EXPÉRIENCE, un événement unique et expérimental dédié à l’entrepreneuriat, au leadership, à l’empowerment, à l’audace, à l’innovation et au partage. Aussi, à l’intuition et au rêve, puisqu'ils sont souvent la base de tout projet, entrepreneurial.

 

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