S'ABONNER
NOUS CONTACTER

© 2016 by Incubateur FWI

Fabienne Youyoutte, a phenomenal woman

 

 

 

S’il y avait un entrepreneur à qui l’on devrait décerner le prix de l’audace et de l’entreprise de l’année, se serait-elle. Et à vrai dire, elle en serait surprise, « Pourquoi moi ? ». Pourtant, c’est bien elle qui inspire, aujourd’hui, toute une génération d’entrepreneur.e. Un parcours, un récit de vie animé d’audace, de courage, de résilience et osons le dire d’exemplarité. À la tête d’une entreprise florissante, Fabienne Youyoute inspire. Et il était important, voir comme une évidence, qu’elle y soit, dans ce numéro, puisqu’il s’agit de célébrer et de définir la réussite. Et quand bien même, vous pourrez lui dire, là aussi, qu’elle est ce symbole de réussite, elle en perdra toute notion et préférera répondre, qu’elle a simplement trouver sa place. Mais pour nous, c’est elle. Oui, elle. La femme, incroyablement femme. Cette femme phénoménale que poétise Maya Angelou, Phenomenal Woman.

 

 

 

 

 

 

 

"Cette Guadeloupe que j’ai connue et qui est toujours en moi m’a façonné. J’y ai fait l’apprentissage des saveurs, des odeurs, des goûts du terroir et des valeurs qui guident aujourd’hui mon quotidien."

 

ENFANCE HEUREUSE ET CHOIX CORNÉLIEN... Enfant, j’ai grandi au coté de ma grand-mère maternelle qui habitait la campagne Sainte-rosienne en Guadeloupe, à Morne Rouge. La vie y était fort agréable, car mes premières années, je les ai passées dans une Guadeloupe que je qualifie d’authentique. Cette Guadeloupe que j’ai connue et qui est toujours en moi m’a façonné. J’y ai fait l’apprentissage des saveurs, des odeurs, des goûts du terroir et des valeurs qui guident aujourd’hui mon quotidien. Et si je devais résumer cette période de ma vie en une phrase, ce serait celle-là : On n’était pas riche - financièrement - mais on était heureux et on vivait simplement. Et c’est finalement à l’âge de sept ans, que j’ai rejoint ma mère et mon père qui vivaient aux Abymes à Besson. À l’époque, je n’avais pas vraiment de rêve, cependant, était-ce déjà un signe, mes parents m’avaient offert une année comme jouet pour les fêtes de Noël un kit de pâtisserie : tablier, batteur, rouleaux, en clair, tout l’attirail du petit pâtissier en herbe. Ce fut là mon premier contact avec ce qui allait devenir ma passion et mon métier. 

Durant ma scolarité à l’école du primaire et du collège, je dirais que j’étais une élève avec un niveau normal. Mais en classe de troisième, je me suis retrouvée face à un grand dilemme, car je n’avais aucune idée de l’orientation que je devais suivre. Et c’est au cours d’une discussion avec un de mes cousins qui était pâtissier, que le déclic est survenu et que j’ai décidé d’intégrer le CFA du Raizet, c’est comme cela qu’on appelait l’antenne de l’URMA au Raizet, et de m’inscrire en CAP Pâtisserie. Concernant ces études en pâtisserie, je ne peux pas dire que j’ai eu à douter de mon choix. Et cela, même si, cette période d’apprentissage a été relativement difficile, mais comme je m’étais fixée pour objectif d’apprendre ce métier, je me suis donnée les moyens d’obtenir mon CAP Pâtisserie, aidée en cela du soutien indéfectible de mes parents.

     Mon CAP Pâtisserie en poche, j’ai donc commencé à travailler en qualité d’ouvrière en pâtisserie. Et au fil des années, par ma rigueur et mon sérieux, j’ai occupé successivement les fonctions d’ouvrière qualifiée, de chef de rayon pâtisserie, de chef de département boulangerie pâtisserie et enfin de responsable d’exploitation boulangerie pâtisserie d’enseignes majeures sur le territoire de la Guadeloupe. Ces expériences professionnelles, en tant que jeune femme m’ont été très bénéfiques et m’ont forgée pour ma future vie de chef d’entreprise.

 

 

 

 

 

LE GRAND SAUT, LA RÉVOLUTION BY FABIENNE YOUYOUTTE. J’étais encore salariée quand j’ai décidé de franchir le pas de la création d’entreprise. Et j’avais comme seule idée en tête, celle de m’éclater et de réaliser ces saveurs et ces idées de glaces, de pâtisseries et de confiseries qui me trottaient à la tête, depuis bien trop longtemps. Du coup, j’ai lancé mon activité avec le soutien de mes proches, qui ont fait corps avec ce projet. La mise en place de mon enseigne Fabienne Youyoutte part de la volonté de défendre et aussi de valoriser, à travers mes créations les saveurs du terroir guadeloupéen et celles d’ailleurs. Mon but est de redonner un éclat à la démarche artisanale des métiers de bouche, comme la glacerie, la pâtisserie et la confiserie, qui en ont bien besoin aujourd’hui. L’activité de l’enseigne repose sur un socle familial et notre savoir-faire artisanal est le résultat d’une double volonté : la valorisation de pratiques professionnelles acquises au cours de mon expérience professionnelle. Et d’autre part, de la valorisation par le biais de la transformation de matières premières issues de notre terroir et de produits venus d’ailleurs.

L’enseigne a connu durant ces dernières années plusieurs phases de développement. Elle a commencé à se faire connaître grâce à la fabrication de glaces artisanales. Par la suite, les activités de pâtisserie et confiserie ont été mises en place afin de répondre d’une part à une demande, mais aussi pour asseoir un savoir-faire existant au sein de la structure. Cette seconde étape a connu des sous-phases avec le lancement de la production de macarons, de gâteaux glacés, de sucettes artisanales, de confitures, etc. En 2016, j’ai créé mon deuxième point de vente à Sainte-Anne. Dans ce lieu, nous proposons en plus des produits de glacerie et de pâtisserie, un service de sandwicherie et saladerie. L’année 2018 est un nouveau tournant pour l’enseigne Fabienne Youyoutte. Nous avons initié une nouvelle démarche qui est le « Le Triporteur by Fabienne Youyoutte ». Ce nouveau concept nous permet désormais d’aller vers notre clientèle et d’assurer des prestations de dégustation de nos glaces, qui peuvent être accompagnées de nos réalisations pâtissières dans un cadre privé.

     Je ne sais pas si on peut parler de révolution, mais je peux dire une chose, c’est que l’approche que j’ai entreprise vise à remettre en lumière des saveurs, des goûts « oubliés » de mon enfance à travers les glaces, les sorbets, les pâtisseries, les macarons et les confitures. On peut considérer que la démarche est essentiellement pédagogique. 

 

 

 

"Mes débuts ont été difficiles, j’ai dû hypothéquer la maison de mes parents pour me lancer dans la création d’entreprise. Après avoir fait le tour des institutions bancaires, une seule a cru en mon projet et souhaité jouer le jeu à mes côtés. Parallèlement, j’ai participé à de nombreux concours de création d’entreprise pour lesquels j’ai été lauréate." 

 

 

 

 

OBSTACLE ET NOTION D'ÉCHEC. Mes débuts ont été difficiles, j’ai dû hypothéquer la maison de mes parents pour me lancer dans la création d’entreprise. Après avoir fait le tour des institutions bancaires, une seule a cru en mon projet et souhaité jouer le jeu à mes côtés. Parallèlement, j’ai participé à de nombreux concours de création d’entreprise pour lesquels j’ai été lauréate. Les dotations financières en liens à ces concours m’ont permis de soulager ma trésorerie et de progresser au fil des années. Avec le soutien tant moral que physique de mes proches, j’arrive depuis quelques années à trouver un équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie de famille. Le réglage a pris du temps et est le fruit d’une organisation sans failles. Dans mon secteur d’activité, les tendances évoluent rapidement et on peut très vite, sans se rendre compte, se retrouver dépassé. C’est la raison pour laquelle je me remets, en permanence, en question et je me forme très régulièrement. Pour moi, l’échec n’existe pas. Quotidiennement, on vit des expériences dont on peut être satisfait ou pas. Dans les deux cas, il faut toujours en tirer les leçons, soit pour s’améliorer ou soit pour éviter les écueils. Laisser une situation confortable de salarié pour embrasser celle de chef d’entreprise, pour laquelle l’incertitude et le risque sont omniprésents, peut aisément freiner un porteur de projet qui doute de son potentiel. Cependant, il faut qu’ils fassent le plus que possible abstraction à la peur, car la peur est vectrice d’immobilisme. Les erreurs comme les égarements font partie intégrante de la vie d’un entrepreneur. Ces erreurs permettent une remise en question permanente qui est salutaire pour tout chef d’entreprise qui veut aller loin. Mon conseil : Fixe-toi des objectifs valables et donne toi les moyens pour les atteindre. «Cela semble toujours impossible, jusqu’à ce qu’on le fasse», disait Nelson Mandella.

 

ELLE ET SA VISION DE LA RÉUSSITE. À chaque individu sa définition de la réussite. Pour ma part, la réussite consiste à trouver sa place professionnellement, spirituellement ou autres dans la société et de mettre en place quotidiennement des actions qui visent à améliorer l’existence de tout un chacun. Le rêve et l’ambition sont indissociables de cette démarche. Grâce à l’entrepreneuriat, je pense avoir trouvé ma place dans la société. À travers mes réalisations quotidiennes, je donne du plaisir, du bonheur à mes clients. Et parallèlement, je contribue, comme d’autres confrères et consœurs, à la valorisation des saveurs du terroir de Guadeloupe. Aujourd’hui, sur notre archipel, nous assistons à une forme de prise de conscience Guadeloupéenne que j’appelle « guadeloupéanité ». Je suis ravie et fière que mes compatriotes se réapproprient tous ces goûts qui nous définissent en tant que Guadeloupéen et les partagent avec leurs amis d’autres contrées du monde. 

 

Mais au-delà de la reconnaissance par mes pairs du travail et du parcours accompli, les encouragements quotidiens et la confiance des gourmets des boutiques Fabienne Youyoutte sont pour moi nécessaires, car elles sont sources de motivation et me permettent de toujours me dépasser.

 

 

LA SUITE... Mon principal, futur, projet est de continuer à partager encore et encore de nouvelles aventures gustatives avec mes gourmets d’ici et d’ailleurs. Mais au-delà de la reconnaissance par mes pairs du travail et du parcours accompli, les encouragements quotidiens et la confiance des gourmets des boutiques Fabienne Youyoutte sont pour moi nécessaires, car elles sont sources de motivation et me permettent de toujours me dépasser. Il y a un terroir que je n’ai pas exploré et qui me tient à cœur, c’est celui de Marie-Galante. Au-delà des caractéristiques intrinsèques de la « Grande galette » : authenticité, douceur de vie… qui résonnent positivement en moi. C’est la terre sur laquelle ma grand-mère, qui a joué un rôle prédominant dans ma vie, a pris naissance. Implanter une boutique Fabienne Youyoutte à Marie-Galante est un de mes plus grands vœux. Et si demain, pour une raison ou une autre, je décidais de tout arrêter pour vivre mon plus grand rêve, je recommencerai les choses à l’identique !

 

 

 

 

 

 

 

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

À LIRE AUSSI

Please reload