S'ABONNER
NOUS CONTACTER

© 2016 by Incubateur FWI

GABRIEL FOY, une passion sur fond d'héritage.

 

 

Sens du savoir-faire affûté, il se décline comme un artisan à part entière au célèbre prénom céleste, enchanteur et sulfureux, qui sait ce qu’il veut, fuit les étiquettes et cache bien son jeu d’homme d’affaires aguerri. Il n’y a jamais eu de doute avec Gabriel, tout était clair... 

 

 

 

 

‘‘Ma plus grande fierté, aujourd’hui, c’est d’avoir réussi en Guadeloupe et je me dis que si j’ai réussi en Guadeloupe, je peux réussir partout. Pour ce qui est de la notion de l’échec, je l’ai complètement banni de mon vocabulaire, parce que je me dis que si l’on investit autant, ce n’est pas pour échouer donc l’on doit de se donner tous les moyens pour éviter cela, l’échec.’’ 

 

 

LA TRANSMISSION. C’est au côté de ma grand-mère que j’ai pris goût à la pâtisserie. Un héritage qui m’a été transmis, petit, lorsque je l’aidais à la préparation de tourments d’amour et de gâteaux à la confiture de goyaves. Des douceurs typiques des Saintes qu’elle allait vendre sur la place publique de Terre-de-Haut. En mon sens, ces petits moments de complicité, de partage, aujourd’hui, je pourrais dire de transmission, ont été déterminant dans mes choix d’orientations tant scolaires que professionnels. Il n’y a pas eu de doute, je voulais être pâtissier-boulanger. Il est là mon rêve d’enfant. Un savoir qui m’a été transmis par ma grand-mère, devenu une passion et une ambition à suivre. Et c’est ainsi, qu’en 1986, à l’âge de seize ans que je décide de m’inscrire au CFA du Raizet où j’ai pu entamer mon apprentissage en boulangerie à Terre-de-Haut. Après mes deux ans d’apprentissage, je suis parti pour la métropole effectuer mon service militaire à Brest. Une fois, ce service terminé, j’ai poursuivi ma formation en pâtisserie, chocolaterie à l’école des métiers de la table de Paris XVIIe. Et jusqu’à ce jour, je n’ai jamais eu de doute concernant ce choix parce que durant toutes ces années de formation, de spécialisation et de quête de perfection, j’ai toujours été à 200%. Je voulais réussir, donc je m’y suis donné, et à cœur joie avec cette soif d’apprendre, de découvrir et de partager ce savoir-faire. 

 

 

 

 

 

 

 

SON ENVOL. Je suis arrivé en Guadeloupe en 1993. Avec mes diplômes en poche, j’ai commencé à travailler à la pâtisserie Saint-John Perce où j’y suis resté trois ans. Ensuite, j’ai officié à la rue Lamartine, à Pointe-à-Pitre chez Lemoine pendant une année. Puis en 1997, commence mon aventure chez Marché Conseil, qui a fait appel moi, afin d’intégrer leur équipe. Au début, c’était très difficile, mais de l’autre côté, nous débutions une si belle aventure avec le chef Confiac où l’on a révolutionné la pâtisserie en Guadeloupe. C’est vrai que j’ai passé douze ans dans cette maison où j’ai gravi tous les échelons : pâtissier, chef de parti, ensuite responsable de pâtisserie, responsable des départements boulangerie pâtisserie traiteur. C’était une belle expérience, dans cette belle maison qu’était Marché Conseil. Cette enseigne m’a permis de continuer ma formation de passer différents concours et diplômes tels que les Brevets de Maîtrise Boulangerie et Pâtissier.

     Après ce passage par la voie salariale, j’ai eu envie de franchir un autre cap, me fixer de nouveaux objectifs et c’est ainsi que j’ai décidé de créer mon entreprise. Là encore, c’était une évidence, car je savais où je voulais aller et surtout, je voulais me prouver que j’étais capable de créer une entreprise et de réussir. Et pour cela, j’ai eu le soutien de ma famille, d’amis proches qui ont tout de suite adhéré à ce projet ambitieux. Certes, je partais de nulle part, mais j’avais une très bonne expérience due à mon passage à Marché Conseil et j’étais de surcroît déterminé et imprégné de ce nouveau défi qui se présentait à moi. L’idée de Gabriel est venue d’une tendance qui dans le secteur dénomme une entreprise par un prénom, une façon de marquer une identité, une touche, ma signature. Du coup, Gabriel était le nom idéal, puisqu’il est un ange, notre ange protecteur dans ce synonyme de réussite de protection. Sur nos trois points de vente, répartis sur le Gosier, Jarry et Pointe-à-Pitre, nous proposons des pâtisseries fines et françaises travaillées avec des purées de fruits réduites, nous faisons également un travail sur la teneur en sucre, qui fait toute notre différence. Vous y trouverez entre autres, du bon pain fait à l’ancienne avec du levain naturel, de la poolish et une farine de qualité. Notre différence, elle se joue sur la qualité de nos produits et de notre travail, du sérieux, de notre professionnalisme et surtout de notre savoir-faire. 

 

 

 

 

 

 

Le financement du premier point de vente, celui de Jarry, est dû à l’addition d’une aide du Conseil Régional et d’un prêt bancaire. Mais la base vient surtout d’un fort apport en fonds propres. Pour ce qui est des deux autres points de vente, ils ont aussi été financés en fonds propres et prêts bancaires. Sachant que nous étions crédibles sur le premier point de vente, cela a été beaucoup plus facile pour les banques de nous suivre, dans notre processus de développement. Les difficultés que nous rencontrons en tant qu’entrepreneur, proviennent principalement des charges qui pèsent sur nos entreprises. Il nous arrive aussi, de faire face à des difficultés de trésorerie, mais cela est un fait propre à la démarche entrepreneuriale, et face à cela, il faut tenir bon et faire preuve de détermination et de réactivité. Voici, toutes les difficultés auxquelles nous devons faire face pour maintenir le cap et maintenir nos emplois et la pérennité de notre entreprise. Quand on est chef d’entreprise, on fait de nombreux sacrifices, et cela, bien souvent au détriment de la famille qui empathie, mais c’est un choix et il faut l’assumer.

 

 

 

UN ENGAGEMENT AFFIRMÉ. Le regard que je porte sur l’artisanat, c’est qu’aujourd’hui nous sommes une force de décision, de savoir-faire, de transmission, de valeur ajoutée économique qui est malheureusement trop éparpillée sur le territoire. Nous ne sommes pas assez soudés pour nous faire entendre et réussir ensemble. L’artisanat n’est pas assez mis en valeur sur nos territoires, pourtant nous avons de formidables atouts, et cela est vraiment dommage. Selon moi sans l’artisanat, l’économie ne peut aller très loin. Pour exemple, quand vous avez faim, c’est un artisan ; quand vous tirez la chasse de vos toilettes, c’est toujours un artisan ; quand il pleut, pour couvrir vos toits, c’est encore un artisan, donc sans l’artisanat on ne peut plus rien faire. Aujourd’hui, je me suis engagé au niveau de la chambre consulaire des métiers de l’artisanat dans le but de faire évoluer les mentalités, permettre de voir l’artisanat autrement, faire comprendre aux politiques que l’artisanat existe… Mais c’est un combat de longue haleine, dans lequel je me suis engagé. Et comme je le disais précédemment, si nous étions plus unis, l’on irait beaucoup plus loin. C’est l’union qui doit faire la force. Et c’est vrai, que pour l’instant, nous ne l’avons pas encore compris. Mon rôle au sein de cette chambre consulaire est aussi de faire émerger une force économique et rapprocher les inégalités concernant l’archipel de la Guadeloupe. Parce qu’on a trop tendance à penser que la Guadeloupe ne se résume qu’à la Basse-Terre et la Grande-Terre, alors qu’il y a aussi l’archipel des Saintes, la Désirade et Marie-Galante. Mais là encore, c’est une autre paire de manches, faire entendre mes idées pour ces îles.

     Selon moi, la réussite est due au sérieux, à la rigueur, au respect du client et surtout à la force mentale mise à l’épreuve au quotidien. La place du rêve, c’est d’avoir l’ambition de réussir, d’entreprendre pour faire évoluer son pays. Je pense qu’aujourd’hui, j’ai trouvé ma place dans cette société guadeloupéenne qui est la mienne. Gabriel a également trouvé sa place. Je ne sais pas si je suis leader dans mon secteur. Peut-être que oui. Mais  aujourd’hui Gabriel est incontournable en Guadeloupe. Enfin, je pense (rires). Ma plus grande fierté, aujourd’hui, c’est d’avoir réussi en Guadeloupe et je me dis que si j’ai réussi en Guadeloupe, je peux réussir partout. Pour ce qui est de la notion de l’échec, je l’ai complètement banni de mon vocabulaire, parce que je me dis que si l’on investit autant, ce n’est pas pour échouer donc l’on doit de se donner tous les moyens pour éviter cela, l’échec. 

     Aujourd’hui, l’évolution de Gabriel suit son cours, mais c’est vrai que cela devient de plus en plus compliqué en Guadeloupe donc pour l’instant nous n’avons pas d’autres projets sur le continent. Peut-être à l’étranger, pourquoi pas. Concernant la transmission de mon entreprise pourquoi pas demain vendre à un groupe si cela les intéresse, on ne sait jamais. Et pour ceux et celles qui souhaitent devenir entrepreneur : croyez-en vous et croyez-en vos rêves, restez sérieux, rigoureux et ne lâchez rien. Bonne chance à vous.

 

 

 

 

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

À LIRE AUSSI

Please reload