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Julie Beljio, créatrice de la marque Djulicious Cosmetics (extrait)

 

 

"Je suis noire, d’origine antillaise et je suis ronde. Et alors ? Est-ce que tout cela veut dire que je suis bête ou incapable ? Non, car en plus de cela, je suis aussi polie, déterminée, motivée et intelligente. Et ce sont ces clés-là qui ouvrent les portes."

 

 

 

 

 

 

Dans une interview accordée à The beauty league by Puretrend, vous dites : « Je ne fais pas du 36 », « Je suis une fille noire, mais c’est possible » … Au final, n’avez-vous pas le sentiment que certaines images véhiculent des stéréotypes qui très souvent contribuent à renforcer des croyances et à diminuer l’estime de soi ?

En effet, ces stéréotypes sont bel et bien présents, mais les choses tendent à bouger aujourd’hui. Et cela, même si on a encore beaucoup d’images qui reprennent toujours les mêmes codes pour représenter tels ou tels symboles. Et je dirais, que de façons inconscientes qu’on s’est souvent rangé, nous-même, dans ces codes, mais comme je le disais, les choses changent, et on ose beaucoup plus à faire ce que l’on aime, et cela, même en dépit de tous ces clichés.

 

 Femme noire, afrodescendante, entrepreneure, ne faisant pas une taille 36. Que représente cela, pour vous ? Une victoire sur tous les préjugés ?

Je ne choisirai pas le mot victoire pour ma personne, mais pour ceux qui n’ont pas encore réussi à trouver le « moi » qui ne se formalise pas de l’avis des autres et donc des préjugés. Je veux dire que c’est le postulat de départ et on l’intègre ou pas. Je suis noire, d’origine antillaise et je suis ronde. Et alors ? Est-ce que tout cela veut dire que je suis bête ou incapable ? Non, car en plus de cela, je suis aussi polie, déterminée, motivée et intelligente. Et ce sont ces clés-là qui ouvrent les portes. 

 

 

 

   

On vous décrit comme une femme de caractère, curieuse, audacieuse, aimant relever les challenges. Mais au final, qui est vraiment Julie Beljio?

C’est une assez bonne description, mais je suis surtout une enfant unique, qui a grandi avec beaucoup de créativité, d’imagination et le soutien sans failles de ses parents. Donc, je suis quelque part cette fille reconnaissante de l’éducation qui m’a été donné par mes parents et qui veux les rendre fiers, prendre soin d’eux.

 

 Quelles sont les figures qui vous ont aidés à vous construire ? Sans hésitation, ma maman ! Elle est vraiment mon exemple. Je l’ai vu se lever chaque jour pour travailler, s’occuper des autres sans jamais se plaindre. Maintenant que je suis grande, je réalise la difficulté des choses, des épreuves de la vie. Et en dépit de tout, ma mère est restée fidèle à elle-même. 

 

Dans une aventure entrepreneuriale, le soutien des proches est-il, aussi important que sa seule motivation ? Le soutien des proches est important, mais pas autant que sa propre détermination. Il y a une phrase de Diam’s qui dit : « Je ne dois mon talent à personne sur cette terre, ni à mon père, ni à ma mère...», cette phrase exprime bien cela. Les proches sont là, car on a tous besoin d’être accompagné, écouté et parfois encouragé. Mais la vraie force qui fait avancer le moteur, elle se trouve en nous-mêmes. 

 

En 2014, vous créez Djulicouis Cosmetics. Qu’est-ce qui vous a décidé à vous lancer dans une telle aventure ?

Très jeune et comme beaucoup d’enfants, j’ai voulu être vétérinaire. Et cela, jusqu’en classe de 3e. Puis en allant en cours, on s’arrêtait toujours à un feu rouge où se trouvait un panneau d’affiche l’Oreal, sur lequel figurait Beyoncé. Et sa prestance, son aura sur cette photo me boostait pour aller en cours, comme un leitmotiv me poussant à me réaliser. Et je voulais pouvoir proposer cela, quelque chose qui puisse faire les autres se sentir bien, les motiver et les inspirer... Je me suis donc dit que je rachèterai l’Oreal (rires). Et depuis ce panneau publicitaire, j’ai sans cesse cherché le chemin pour réaliser mes ambitions. J’ai donc continué mon parcours scolaire, déménagé en France hexagonale pour poursuivre mes études, aller à la fac… Durant mes études, j’ai travaillé sur des marchés, chez MacDonald’s, à Auchan pour finalement revenir en Guadeloupe travailler au spa de la Toubana, quelques mois avant d’être embauchée par la marque de maquillage MAC Cosmetics. J’ai toujours eu envie d’être mon propre patron et avant d’entrer chez Mac, j’avais déjà l’idée de créer ma propre marque. Le nom Djulicious est arrivé le jour de mes 23 ans. Et depuis, je construis le Djuliciousland. Les premiers rouges à lèvres ont eu besoin de quatre ans de travail avant que les premiers tubes ne voient le jour en 2013. Cette année, notre e-shop fête ces cinq ans.

 

 

 

 

 

 

De plus en plus de jeunes marques de cosmétiques, prometteuses, se font racheter par de grands groupes. Est-ce là une opportunité envisageable pour vous ?

J’y ai déjà pensé et je dois reconnaître que j’ai un peu peur d’avoir à faire ce choix. Je n’ai pas envie que le bébé que j’ai créé perde son ADN. Mais si un groupe vient à ma rencontre, cela signifiera que Djulicious Cosmetics est très prometteur et ma première idée serait de refuser toutes les propositions. Mais je réponds, ici, de façon hypothétique. Au moment T, tout dépendra de la proposition. Par contre, il y a un groupe à qui je refuserai catégoriquement quoi qu’il arrive… Et puis, peut-être que je deviendrais moi-même un groupe (rires). Affaire à suivre…

 

Un conseil pour un.e entrpereneur.e ?

Observez, analysez et foncez ! Ne laissez pas votre propre peur, inquiétude ou même celle des autres vous empêchez de faire avancer votre projet. Soyons honnête, cela ne va pas être facile ! Certains jours vous souhaiterez tout casser et laisser tomber, mais ça en vaut la peine, si vous vous donnez les moyens. 

 


Retrouvez l'intégralité de son interview dans notre parution de décembre ou lors de son workshop le 8 dec. 2018. Cliquez ici pour vous inscrire.

 

 

 

 

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